Coffret Energy-Box cadenassé, antennes déployées, câble d'alimentation industriel enroulé au sol devant une armoire électrique fermée

Méthode

Bureaux d'études : sous-traiter la mesure terrain

Vous savez calculer, dimensionner, préconiser. Ce qui manque sur certains sites, ce sont les chiffres : le sous-comptage n'existe pas, et le câblage coûterait plus cher que l'étude qu'il doit servir. Voici comment un projet de mesure démarre concrètement avec Finemeca : qui facture qui, ce qui se loue, ce qui s'installe, et ce que vous gardez.

Pierre Deswysen
Pierre Deswysen 7 min de lecture

Votre client reste le vôtre

Réglons d’abord la question que tout bureau d’études se pose avant la technique, parce qu’elle conditionne tout le reste : quand nous travaillons avec un bureau d’études ou un intégrateur, nous facturons nos prestations au bureau d’études. Pas à son client.

Vous gardez la relation commerciale, l’étude porte votre nom, et c’est vous qui présentez les résultats. Nous fournissons la couche mesure : le matériel, le réseau, la plateforme, et l’assistance pour que les données remontent. Le motif est simple : un fournisseur qui facture votre client en direct est un concurrent en devenir, et nous préférons être le sous-traitant fiable de dix bureaux d’études que le concurrent occasionnel de chacun. Ce fonctionnement n’est pas une exception commerciale, c’est un réseau de partenaires qui existe déjà : sociétés de maintenance, électriciens, tuyauteurs, frigoristes, spécialistes en air comprimé, bureaux d’études énergie. Les conditions partenaires se demandent en direct.

Et la technologie ? Elle vous concerne moins qu’on ne le croit, et c’est normal. Votre client achète des chiffres fiables, pas un protocole. Le choix du sans fil, le dimensionnement du réseau, l’autonomie des devices : c’est notre partie du travail. Si quelqu’un, en comité de pilotage, veut comprendre pourquoi nos devices ne sont pas en WiFi, la réponse existe par écrit, et vous n’aurez pas à la défendre vous-même.

Louer ou installer : la première décision

Une règle simple décide de presque tout le chiffrage : un besoin qui a une date de fin se loue, un besoin qui n’en a pas s’installe.

La mission d’étude est le cas typique de la location. Un audit énergétique, un diagnostic avant investissement, une campagne de quelques semaines pour objectiver un talon de consommation nocturne ou vérifier le comportement réel d’un compresseur : le site n’a pas besoin d’une installation permanente, il a besoin de données pendant la durée de votre mission.

Pour l’électricité, l’Energy-Box est prévue pour cela : une centrale de mesure montée en coffret, autonome, qui se pose au TGBT ou sur un départ à surveiller, disponible en location à partir d’une semaine. Le même principe vaut pour les autres énergies : des box autonomes existent aussi pour l’eau et le gaz, prêtes à partir en location. Et quand les points de mesure sont dispersés sur un site étendu, nous déployons un réseau sans fil temporaire le temps de la campagne, plutôt que de multiplier les coffrets.

Ordinateur portable affichant les mesures d'une Energy-Box en cours de campagne, devant une saignée de câbles
Campagne de mesure en cours : les courbes se lisent sur place, pendant la mission.

À la fin de la mission, le matériel revient chez nous et les données restent chez vous. La location est aussi une manière peu risquée d’amener un client vers la mesure permanente : celui qui a suivi ses courbes pendant un mois sait très précisément ce qu’il perd en les rendant.

Un besoin permanent commence toujours pareil

Quand la mesure doit rester, le point d’entrée est le Pack Activation Finemeca : une gateway industrielle et un device de test, avec la mise en service du réseau privé du site. C’est ce réseau qui portera tous les devices à venir, ceux du projet en cours comme ceux qu’on ajoutera dans deux ans.

Le device de test n’est pas un accessoire : il sert à l’étude de couverture, qui est la première étape de l’installation et non une prestation qui se commande seule. Elle répond à la seule question qui compte à ce stade, combien de gateways et où les poser, et elle y répond par des mesures plutôt que par un a priori. La méthode complète est décrite dans un article dédié.

Reste la question que vous vous posez sûrement, parce qu’elle fait échouer d’autres projets : que va dire le service informatique du client ? C’est le point le plus sensible du démarrage, et il est traité d’entrée. La gateway se raccorde sur un VLAN isolé, sans ouverture de port entrant sur le réseau du client. Présenté ainsi, le raccordement cesse d’être un débat de sécurité pour devenir une formalité : l’informaticien du site voit un équipement confiné qui sort ses données et ne laisse rien entrer. Et pour une installation provisoire, le temps d’une campagne de mesure, la question ne se pose même pas : la gateway utilise une carte 4G, rien n’est demandé au client et personne n’entre dans son réseau. Cette option reste praticable sur certaines installations permanentes, quand le contexte s’y prête.

Pour vous, ce pack est aussi la brique la plus simple à intégrer dans une offre : un périmètre net, une mise en service incluse, et un site qui devient extensible sans revenir en arrière sur ce qui est posé.

Ensuite, la grandeur à mesurer choisit le kit

Une fois le réseau en place, chaque point de mesure est un device à ajouter. Pour les besoins qui reviennent le plus souvent, quatre kits métier existent : Kit Télémétrie Eau, Kit Monitoring Gaz, Kit Électrique Centrale de Mesure, Kit Électrique Compteur d’énergie. Si le besoin de votre client entre dans l’un des quatre, votre chiffrage est court. Le contenu de chaque kit est détaillé sur la boutique, inutile de le recopier ici.

Ces quatre kits sont des exemples, pas un catalogue fermé. Quand le besoin sort du cadre, nous développons le montage qui manque. Nous avons par exemple réalisé des coffrets de commande : des devices équipés de relais, qui ne se contentent plus d’observer mais envoient des ordres. Chacun de ces coffrets est un assemblage conçu pour le besoin précis d’un client, pas un produit sur étagère. La bonne démarche, quand votre projet demande une mesure ou une commande qu’aucun kit ne couvre, est de nous décrire le besoin plutôt que de chercher la référence dans une liste : c’est de cette façon que les kits actuels sont nés.

À qui appartient le réseau, où finissent les données

Trois modèles de déploiement existent, et le bon se choisit en répondant à deux questions : qui doit posséder l’infrastructure, et où les données doivent finir.

Dans le modèle mutualisé, le site s’appuie sur l’infrastructure Finemeca et n’a rien à opérer : c’est la réponse courte pour un client qui veut ses courbes, pas un réseau à administrer. Dans le modèle dédié, l’infrastructure appartient au site, pour les organisations qui veulent la maîtrise complète de bout en bout, jusqu’à l’endroit où les données sont stockées. Le troisième modèle est celui qui intéresse le plus souvent les intégrateurs : le réseau IoT seul, en pont de collecte. Votre client, ou vous-même, exploitez déjà une supervision, une GTB, un SCADA. Le réseau collecte les mesures là où le câble ne va pas et les livre à ce système, qui reste maître. Le principe s’arrête volontairement ici : la spécification d’échange se discute en projet, pas dans un article public.

C’est exactement le montage retenu par TPcontrol, bureau d’études et intégrateur en électricité industrielle, automation et IT. Leur client voulait un sous-comptage gaz et eau sur un site étendu, et l’option filaire avait été abandonnée après estimation du câblage. Deux gateways couvrent le site, dix devices suivent trois flux, et les données partent vers les serveurs de TPcontrol, qui garde son client et sa couche applicative. « Nous avions besoin d’un partenaire capable de gérer la couche IoT sans que nous ayons à nous en préoccuper », résume Salim Steenhout. Le cas complet est publié, avec son témoignage.

Qui pose, qui met en service

Trois niveaux de service couvrent la mise en route : Autonome, vous installez avec votre équipe ; Premium mise en service, vous posez le matériel et nous nous déplaçons pour la mise en service ; Installation complète, nous prenons tout en charge.

Pour un bureau d’études, ce niveau se choisit chantier par chantier, selon qui est déjà sur place. Si l’électricien du client intervient de toute façon dans l’armoire, le niveau Autonome suffit souvent : poser un device n’a rien d’exotique pour un professionnel qui câble des départs toute l’année. Si personne n’est disponible, ou si le site est loin de vos équipes, l’Installation complète évite un aller-retour qui ne vous rapporte rien.

Coffret de sous-comptage ouvert à côté d'un tableau divisionnaire, avec pinces ampèremétriques et disjoncteur
Installation le temps d'une campagne de mesures de pinces ampèremétrique sur un sous-coffret.

Une habitude issue du terrain, quelle que soit la formule : la personne qui vivra avec le système fait partie du projet. L’opérateur ou le responsable maintenance du site est associé dès la mise en service, parce que c’est lui qui saura dire si une mesure est plausible. Un monitoring posé sans lui finit en dashboard que personne ne regarde.

Ce que cela change dans votre chiffrage

Le modèle économique est l’achat unique : le Pack Activation et les kits s’achètent une fois, et l’utilisation des devices, des dashboards et des alertes ne génère aucun frais récurrent, sans abonnement par device *. Les évolutions ultérieures, un nouveau dashboard, un calcul spécifique, une intégration, passent par des Crédits IT prépayés : le client paie ce qu’il consomme, quand il le consomme.

Pour votre offre, cela donne une colonne investissement et pas de ligne récurrente que votre client découvrirait en année deux. C’est un argument que vous pouvez porter tel quel en comité : le coût total de la solution se calcule le jour où vous remettez l’offre, pas au fil des factures.

Ce que nous ne faisons pas

Là où le câble existe déjà et fait le travail, nous n’avons rien à vendre. Une GTB qui couvre le besoin n’a pas besoin de nous : notre terrain commence là où le câble ne va pas, et le partage des rôles avec la GTB est traité dans un article dédié.

Le sur-mesure a aussi son revers, autant l’écrire : un coffret de commande conçu pour un besoin précis se dessine, s’assemble et se teste, il ne part pas du stock comme un kit. Quand la mission est urgente et que le besoin entre dans un kit ou dans une box de location, c’est presque toujours la meilleure voie. Le sur-mesure se réserve aux cas où il apporte quelque chose qu’aucun produit existant ne donne.

Nous ne signons pas non plus votre étude. L’interprétation des mesures, le dimensionnement, la préconisation restent chez vous : c’est votre métier, et c’est précisément pour cette raison que le montage fonctionne. Nous livrons des données propres et un réseau qui tient, et nous restons joignables quand un chiffre semble étrange.

Concrètement

Le premier échange ne porte ni sur un protocole ni sur un catalogue. Il porte sur trois informations que vous avez déjà : ce qu’il faut mesurer, pendant combien de temps, et où les données doivent finir. Avec ces trois réponses, nous savons dire si votre projet relève d’une location, d’un Pack Activation suivi de kits, ou d’un montage sur mesure, et vous repartez avec un chiffrage à intégrer dans votre offre, à vos conditions de partenaire.

La suite dépend de la voie retenue. Une location se prépare et se pose. Une installation permanente commence par l’étude de couverture, puis les devices suivent, kit par kit, au rythme du projet de votre client. Dans les deux cas, vous restez l’interlocuteur du client, et nous restons le vôtre. Parlez-nous de votre prochain projet.

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