Pompe à chaleur installée sur sa dalle béton à l'extérieur d'un bâtiment tertiaire, avec ses deux ventilateurs et ses portes d'accès

Réseau

GTB et LoRaWAN : mesurer là où le câble ne va pas

Un bureau d'études en chauffage, ventilation et sanitaire nous a posé la question frontalement : qu'est-ce qui différencie votre solution d'une GTB, et dans quels cas apporte-t-elle vraiment quelque chose ? Voici la réponse, sans détour, y compris sur ce que nous ne savons pas faire.

Pierre Deswysen
Pierre Deswysen 6 min de lecture

La question, telle qu’elle nous est arrivée

Après un premier contact, un bureau d’études en chauffage, ventilation et sanitaire nous a répondu ceci :

Si je comprends correctement votre solution, Finemeca propose principalement du monitoring énergétique : remontée de compteurs et de capteurs, visualisation des données, historiques, alarmes. De notre côté, sur nos projets, nous intégrons déjà généralement ces fonctionnalités au travers des systèmes de GTC classiques avec lesquels nous travaillons. Je serais donc intéressé de comprendre ce qui différencie concrètement votre solution d’une GTC traditionnelle, et dans quels cas vous estimez qu’elle apporte une réelle plus-value.

C’est la bonne question, posée par quelqu’un qui connaît son métier. Elle mérite mieux qu’une brochure, donc voici la réponse que nous lui avons faite, développée.

Elle tient en une phrase : nous ne remplaçons pas votre GTB, nous mesurons les points qu’elle ne peut pas atteindre.

GTB, GTC, BMS : trois mots, deux périmètres

Un détour de vocabulaire, parce qu’il structure tout le reste.

La gestion technique du bâtiment, la GTB, supervise l’ensemble des lots techniques : chauffage, ventilation, climatisation, éclairage, distribution électrique, parfois la sécurité et les ascenseurs. La gestion technique centralisée, la GTC, pilote un seul lot. Plusieurs GTC peuvent alimenter une GTB. En anglais, on parle de building management system ou de building automation system, les deux acronymes BMS et BAS revenant souvent dans les documentations des constructeurs.

Sur le terrain, les deux mots français s’emploient l’un pour l’autre, et les systèmes qui les portent sont ceux que vous prescrivez déjà : Honeywell, Johnson Controls, Sauter, Siemens et les autres grands noms du secteur. Nous écrirons GTB dans la suite, parce que c’est le périmètre large qui nous intéresse ici.

Chacun son métier

Une GTB régule. Elle tient des boucles, elle enchaîne des séquences, elle réagit à un écart de consigne. C’est un travail d’automaticien, il est fait, et nous n’avons aucune raison de le refaire.

Notre travail commence ailleurs : amener une mesure là où il n’y a ni câble, ni armoire, ni chemin disponible. C’est là que le sans fil change la donne. Un device LoRaWAN se pose sans tirer de ligne, sans percer une paroi, sans ouvrir un chemin de câble, et beaucoup fonctionnent sur batterie, ce qui règle aussi la question de l’alimentation. Une installation qui se chiffrait en journées de chantier se compte en heures.

La portée fait le reste. Une seule gateway couvre l’ensemble d’un site, bâtiments annexes compris, et chaque point de mesure ajouté ensuite ne demande plus aucun travail d’infrastructure. Vous instrumentez un premier compteur cette année, trois autres l’an prochain, sans reprendre le génie civil.

Nous savons aussi envoyer des ordres, couper une zone, commander une vanne, avec l’historique de chaque action et de sa source. C’est le sujet de notre article sur le pilotage de l’eau, de l’air et de l’électricité. Mais la régulation reste chez vous, dans la GTB que vous avez prescrite. Ce partage n’est pas une concession commerciale, c’est celui qui donne le meilleur résultat à votre client.

Là où le câble coûte plus cher que la mesure

Reste la question du prospect : dans quels cas apportons-nous quelque chose ?

Une GTB sait lire à peu près tout ce qu’on lui raccorde. La limite n’est presque jamais dans ce qu’elle sait faire, elle est dans ce que coûte le raccordement.

Le cas le plus parlant que nous ayons est public. TPcontrol, intégrateur en automation industrielle, accompagnait depuis des années un client dont les compteurs de gaz, d’eau et de chaudière étaient dispersés sur un site étendu, entre des bâtiments et des équipements à structure métallique. Le déploiement filaire représentait deux semaines de pose de câble. Le projet s’est arrêté à cette seule estimation, et il est resté arrêté.

Nous avons monté un réseau LoRaWAN et raccordé des devices de comptage à la sortie impulsions des compteurs déjà en place. Deux gateways, dix devices, aucun câble supplémentaire, et une qualité radio confirmée malgré les structures métalliques.

Rien dans cette histoire ne dit qu’une GTB n’aurait pas su traiter ces points. Elle l’aurait su. La question n’était pas là. Elle était dans le prix du chemin à parcourir pour les atteindre.

Deux façons de cohabiter avec une GTB

Les deux se rencontrent sur le terrain, et elles ne demandent pas le même travail.

La mesure qui alimente la GTB. Dans un établissement d’enseignement supérieur, nous suivons le taux de CO2 des auditoires avec des capteurs LoRaWAN. La mesure ne s’arrête pas à un dashboard : les seuils remontent vers la GTB, qui commande la ventilation en fonction de l’occupation réelle plutôt que d’un horaire théorique. Le capteur est de notre côté, la décision reste du sien. Un auditoire est aussi l’endroit où la question du WiFi se pose immanquablement, puisque le bâtiment en est couvert de bout en bout. Nous n’y connectons pourtant aucun capteur, et les raisons tiennent autant au matériel qu’au réseau : c’est le sujet de notre article sur le choix entre WiFi et LoRaWAN pour un capteur.

La mesure qui vit à côté. Dans un bâtiment tertiaire équipé d’une GTB pour la régulation des températures, nous mesurons en parallèle la consommation électrique de la pompe à chaleur. Ces chiffres n’ont pas grand-chose à faire dans l’interface d’exploitation de la GTB, qui est conçue pour la conduite et pour un technicien. Ils vont sur un dashboard dédié au monitoring énergétique, lisible par le gestionnaire du bâtiment sans formation préalable. Deux publics, deux outils, et aucune concurrence entre les deux.

Dans le premier cas nous fournissons une entrée à un système qui décide. Dans le second nous répondons à une question que la GTB ne se pose pas, celle du coût de fonctionnement.

Les endroits où le câble n’ira pas

Au-delà de ces deux modes, la liste des situations qui nous amènent sur un chantier se répète :

Le sans fil ne fait pas de miracle pour autant : la portée se vérifie avant de poser quoi que ce soit, et c’est l’objet d’une étude de couverture. Mais une fois la liaison confirmée, ajouter un point de mesure ne demande ni tranchée, ni percement, ni chemin de câble.

La règle de décision

Elle est simple et elle se pose sur plan, avant même de nous appeler.

Comparez le coût du chemin, pas celui du capteur. Si amener l’alimentation et le bus jusqu’au point coûte plus cher que le point de mesure lui-même, c’est notre terrain. Si le point est à quelques mètres d’un automate existant et qu’il reste une entrée libre, c’est celui de votre GTB, et nous vous le dirons.

Nous avons refusé des affaires sur ce critère. Un point unique, proche d’une armoire déjà équipée, ne justifie pas de déployer une infrastructure réseau. C’est aussi vrai dans l’autre sens : sur un ou deux points isolés seulement, un réseau privé complet est disproportionné, et d’autres technologies méritent l’examen.

Vos mesures rejoignent votre système

Deuxième objection prévisible : une couche de mesure de plus, c’est une interface de plus, et un écran supplémentaire pour votre client.

Pas nécessairement. Chez TPcontrol, c’est précisément ce que nous avons évité : les mesures partent vers les serveurs du partenaire, sans qu’aucune plateforme supplémentaire ne s’impose à lui ni à son client. C’est l’un de nos trois modèles de déploiement, celui où nous opérons le réseau et les devices pendant que la supervision reste la vôtre.

Le mécanisme de cet échange, les formats et la façon dont les données circulent, fera l’objet d’un article dédié. Le principe suffit ici : la donnée que nous collectons n’est pas prisonnière de notre plateforme.

C’est aussi vrai pour votre client. Le matériel s’achète une fois, sans abonnement par device*, et les mesures restent exportables.

Ce que vous y gagnez

Vous gardez l’étude, la prescription et la relation avec votre client. Vous ne prenez pas le risque de proposer une technologie que vous ne maîtrisez pas, puisque nous portons le réseau. Et vous répondez à une demande que vous receviez probablement déjà sans savoir quoi en faire : mesurer un point que le devis de câblage rendait déraisonnable.

C’est ce que dit TPcontrol de notre collaboration : « Nous avions besoin d’un partenaire capable de gérer la couche IoT sans que nous ayons à nous en préoccuper. Finemeca a apporté une vraie expertise sur l’étude de couverture et la préparation du matériel. Le déploiement s’est passé exactement comme prévu. »

Nous ne vendons pas à vos clients derrière votre dos. Notre métier commence là où votre chiffrage de câblage devient déraisonnable, et il s’arrête à la porte de votre GTB.

Pour aller plus loin

Si vous avez un point de mesure qui traîne depuis deux chantiers parce que personne ne veut chiffrer la tranchée, c’est exactement le genre de cas dont nous parlons volontiers. Écrivez-nous, ou décrivez votre projet en quelques minutes, et nous vous dirons franchement si c’est pour nous ou pour votre automaticien.

Bureau d’études ou intégrateur ? Voici comment un projet démarre concrètement avec nous.

* Voir notre modèle économique.

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